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Aux origines de la commune de Tresses

De nombreux vestiges préhistoriques témoignent de l'occupation ancienne de cette partie de l’Entre-Deux-Mers. Tresses fut sans doute en ces temps reculés peu favorable à d’importants établissements humains. Les plus anciens vestiges découverts en différents secteurs de la commune appartiennent au Paléolithique moyen (Moustérien) et pourraient dater de 30 000 à 40 000 ans avant notre ère. Ils ont été abandonnés par l'homme de Neanderthal qui vécut là sous des conditions climatiques généralement assez rudes. La découverte de deux haches polies à Tresses marque l'époque Néolithique pendant laquelle les premiers habitants sédentaires s'installèrent sur notre sol (- 5000 à - 2200 avant notre ère). La première hache a été signalée par M. Piganeau en 1897, dans son «Répertoire archéologique du département de la Gironde» ; la seconde a été découverte par M. Alfonso Munoz en 1975 à Daureille, à peu de distance de l'église (dans les vignes du château Palot).

L'occupation du sol à l'époque gallo-romaine est ensuite représentée à Tresses par des vestiges archéologiques découverts entre le village du Mayne et le château d'eau. Ce sont tout d'abord des fragments de tuiles romaines plates à deux bords verticaux nommées Tegulae dont la jonction était assurée par d'autres tuiles semi-circulaires, les Imbrices. Il y a également de nombreux tessons de poteries des IIe et IIIe siècles, une monnaie du Bas-Empire, une fusaïole, des fragments d'amphore et des poids de métier à tisser. Des scories de fer de haute époque y indiquent également la présence d'un site métallurgique ancien.

Plus près de nous dans le temps, c'est la découverte de deux sarcophages à Mélac qui est signalée par M. de Mensignac dans une communication à la société archéologique de Bordeaux en 1890 (ces deux vestiges ont disparu depuis cette époque)

À l'époque médiévale, la petite Prévôté de l'Entre-Deux-Mers qui était dans la juridiction des maires et jurats de Bordeaux et qui faisait partie de la banlieue bordelaise, se composait des paroisses de Cenon, Floirac, Bouliac, Tresses, d'une partie de Latresne et d'Artigues, de la partie Nord-Ouest de Carignan, et d'une partie de Lormont.

Le premier texte concernant la vigne à histoire de tresses vigneTresses figure dans le cartulaire de l'église collégiale Saint-Seurin de Bordeaux, en l'an 1152. Nous sommes à l'époque d'Aliénor d'Aquitaine, épouse de Henri Plantagenêt, roi d'Angleterre. Il s'agit d'un très intéressant texte de donation par Raimond dit Sacriste, pour des biens qu'il possède à «MELAG» (Mélag, devenu depuis Mélac, n'était pas encore au XIIe siècle rattaché à la paroisse de Tresses). En juillet 1245, un autre texte du même notaire (Fort Baudres) concerne un échange entre l'abbé de Sainte-Croix de Bordeaux et le Captal de La Trône (seigneur de Latresne). Il y est question de l'artigue (une terre défrichée) d'aurelha en la paroisse de Tresses. Ce lieu-dit est toujours planté en vignes derrière l'église et il est devenu, au cadastre, Daureille. Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, les vins de Tresses, comme ceux du Bordelais en général, ne présentaient aucune des qualités actuelles; ce n'était qu'un «Claret» très ordinaire, peu coloré et peu alcoolisé. Ils étaient exportés vers l’Angleterre et l'Europe du Nord-Ouest.

Tresses pendant la Révolution

Les trois ordres, clergé - noblesse - tiers état, étaient représentés à Tresses. Dans les châteaux et les domaines importants, résidaient les membres de la bourgeoisie et de la noblesse : Jean de Senailhac, à la «Mothe» de Tresses (où il décédera en l'an 1800) ; Pierre Malbec, procureur au Parlement de Bordeaux et son épouse, Anne-Marie de Biré, au château Biré ; la famille de Calmeilh, en son château de Fontemille à Mélac ; M. Lemith, citoyen américain dont le domaine deviendra plus tard «La Séguinie» (il s'absente souvent pour affaire à l'île de Saint-Domingue) ; Jean Laporte, agent de change, à Lisennes ; Jean-Pierre Balguerie, négociant à Palot ; M. Fabre, négociant, propriétaire à Caboy, qui est l'ancien nom du village de Fabre.

Deux communautés religieuses possèdaient des métairies, vignes, prés, terres labourables, châtaigneraies et landes.histoire de tresses revolution francaise Il s'agissait des religieuses de Notre Dame de Bordeaux et du collège Saint-Raphaël (petit séminaire). Quant au curé Dupuch, il était installé à Tresses depuis l'année 1783 et habitait à l'ancienne Cure détruite, toute proche de la salle des sports. Ses revenus le situaient au niveau d'un artisan moyen ou d'un paysan aisé. La dispense fiscale et les dons reçus de ses fidèles lui assuraient, avec l'exploitation d'une terre et d'un pré, une vie correcte.

Nous possédons moins d’informations sur le reste de la société tressoise. Le vin, à cette époque, restait bien entendu la boisson privilégiée. La viande, le plus souvent de porc dans notre région, était consommée parcimonieusement, sauf dans la couche sociale favorisée où elle était le signe et le symbole de l'aisance matérielle ! Le meunier de «La Trimouille» traitait le grain appartenant aux producteurs ou aux boulangers. Il était payé en nature, en général au seizième du volume des grains moulus.

L'automne de 1787 avait été exécrable après un été médiocre. Les pluies retardèrent les vendanges et le vin de Tresses fut de mauvaise qualité. Octobre et novembre, noyés d'averses, détrempèrent les champs et entravèrent les labours et les semailles. Suivit un hiver sans caractère, marqué par une douceur inhabituelle. De telles conditions furent particulièrement néfastes aux céréales. Restait l'espoir des semailles de printemps ; on s'y employa dès les premiers jours. Mars fut très frais et retarda la germination. Vint ensuite juin 1788, très chaud et orageux : les céréales furent échaudées. Après ces conditions climatiques, les producteurs de Tresses récoltent en 1788, environ deux fois et demie leur semence et cet échaudage généralisé à travers l'ensemble du pays sera la cause d'une disette dont les conséquences historiques seront incalculables. Au début de l'année 1789, la misère est grande et le curé de Camarsac, non loin de Tresses, signale des familles entières se nourrissant d'herbages cuits ! D'août 1788 à avril 1789, le prix du blé accuse des hausses supérieures à 30 %.

À la demande du Roi chacun des ordres, clergé, noblesse, tiers état, rédigea ses revendications, celles du Tiers retinrent le plus l'attention parce que paysans et bourgeois, se sentant mis à l'écart par les privilégiés et trop dominés par eux, exprimèrent avec vigueur une volonté de réforme. Les Tressois ont vécu, comme les autres sujets du Roi, cette étape déterminante qui représente, pour chaque village, le début de la démocratie locale. L'ensemble de la population a été convoquée en mars, conformément aux lettres du roi, en date du 27 janvier 1789 précédent, et à l'ordonnance de Monsieur le Grand Sénéchal de Guyenne du 18 février. L'assemblée procéda à l'élection des deux députés devant porter le cahier à la Sénéchaussée et désigner les députés du Tiers-État à Versailles. Jean Cazimajou dit «Lami», marchand et Jean Faupier, boulanger, se présentèrent donc le 9 mars 1789 à la réunion des ordres de la Sénéchaussée en la cathédrale Saint-André de Bordeaux.

À la fin de 1789, la loi détermina la création dans chaque ville, bourg et paroisse d'une municipalité comprenant : le Maire, les Officiers municipaux et un Procureur chargé de requérir l'application de la loi et d'en rendre compte au pouvoir public. Ce conseil comportait également des notables en nombre double des autres membres. Ils se joignaient à eux en «Conseil Général» pour les affaires importantes. Ces conseils étaient élus pour deux ans et renouvelés pour moitié chaque année. Les citoyens furent divisés en trois catégories : passifs,